Fondée en 1933 par le champion de tennis René Lacoste, la marque cultive depuis toujours un lien fort avec le style de vie sportif et l’élégance française. Près d’un siècle plus tard, la stratégie marketing de Lacoste continue d’évoluer et s’exprime aujourd’hui à travers tous ses canaux.
En 2017, nous avions analysé comment Lacoste amorçait un virage décisif vers une approche digital-first, misant sur les réseaux sociaux et les Influenceurs pour moderniser son image, réengager sa clientèle historique et gagner en pertinence auprès d’une nouvelle génération.
À l’époque, Joelle Grunberg, alors Présidente et CEO de Lacoste North America, expliquait:
« Il est important pour nous de réaliser deux à trois collaborations par an. Non pas parce que les gens ne nous connaissent pas, mais parce que ces partenariats apportent quelque chose que nous ne pouvons pas créer seuls. »
Aujourd’hui, cette vision est au cœur de la stratégie Lacoste. En réaffirmant son héritage tennistique tout en l’inscrivant dans des récits culturels forts, et en multipliant les collaborations avec des Influenceurs et Célébrités, Lacoste a consolidé son influence à la croisée de la mode et de la culture.
Dans cet article, nous analysons comment la stratégie de branding et de marketing de Lacoste s’impose comme une référence pour les marques patrimoniales souhaitant rester pertinentes à l’échelle mondiale.
Les racines françaises de Lacoste continuent d’alimenter sa visibilité mondiale
Pour évaluer le positionnement de Lacoste et la performance de ses campagnes mondiales, nous avons analysé ses résultats via la Media Impact Value® (MIV®) : la métrique propriétaire de Launchmetrics qui mesure l’impact de chaque prise de parole d’une marque, tous Voices confondus (Owned Media, Influenceurs, Media, Célébrités, Partenaires).
Entre Janvier et Octobre 2025, Lacoste a généré 272 M$ en MIV® dans le monde, témoignage d’une très forte dynamique globale.
Sans surprise, la France arrive en tête avec 67 M$, confirmant à la fois la puissance de l’ancrage national de Lacoste et son statut de troisième marque de sportswear la plus performante du pays.
Ces chiffres illustrent une réalité clé: même si Lacoste poursuit son expansion internationale, sa force de marque reste profondément liée à ses racines françaises, qui continuent de nourrir sa perception, son storytelling et son influence globale.
De la Fashion Week aux campagnes d’ambassadeurs, en passant par des activations culturelles à forte identité, Lacoste démontre comment un héritage peut devenir un moteur de modernité. Ci-dessous, retour sur les campagnes majeures qui structurent sa stratégie actuelle.
Les campagnes clés qui façonnent la stratégie marketing de Lacoste
Play With Icons : les ambassadeurs au cœur du récit de marque

Avec « Play With Icons », Lacoste propose une relecture contemporaine de son identité, célébrant les pièces iconiques et « les symboles qui incarnent le cœur de la marque aujourd’hui ».
Photographiée par Tyler Mitchell, la campagne rassemble un casting d’ambassadeurs reflétant la diversité culturelle qui définit Lacoste :
Novak Djokovic, Adèle Exarchopoulos, Pierre Niney, Venus Williams et Wang Yibo.
Ces ambassadeurs incarnent chacun une forme d’excellence, de créativité et de singularité: un miroir du repositionnement culturel de Lacoste. À travers leurs parcours, leurs valeurs et leurs points de vue, la marque fait évoluer son polo emblématique vers un symbole d’expression individuelle.
Bien que la campagne mette en lumière l’intemporalité du style Lacoste, c’est la performance individuelle de chaque ambassadeur tout au long de l’année qui révèle l’ampleur réelle de son impact. Entre janvier et octobre, les ambassadeurs de la marque ont largement contribué à sa visibilité mondiale : Adèle Exarchopoulos a généré 1,89 M$ en MIV®, Wang Yibo 1,79 M$, Pierre Niney 1,34 M$ et Novak Djokovic 889 K$.Ces résultats illustrent la manière dont chacun d’entre eux étend la portée de Lacoste, en activant des audiences et des marchés différents au sein des diverses Voices de l’écosystème de la marque.
Paris Fashion Week : un hommage à ses racines Roland-Garros

Pour clôturer le dernier dimanche de la Paris Fashion Week, Lacoste a transformé les courts en terre battue de Roland-Garros en podium, un clin d’œil immédiat à son histoire sportive.
D’après notre Paris Fashion Week Report, la marque s’est classée 7ᵉ parmi les 20 marques les plus performantes, générant 17,9 M$ en MIV®.
La présence d’Adrien Brody au premier rang a amplifié l’effervescence autour du défilé, générant une vague de retombées médiatiques qui a étendu la portée de Lacoste bien au-delà du show. Grâce au Voice Echo, le cadre d’analyse qui mesure l’impact indirect d’un moment à travers les Voices qui le relaient (médias, influenceurs, communautés…), la simple apparition de l’acteur oscarisé a ajouté à elle seule 2 M$ en MIV®. Une démonstration claire de la puissance des signaux culturels lorsqu’ils sont relayés à grande échelle.
Lacoste entre dans son « GOAT Era » avec Novak Djokovic

À l’approche de l’US Open, Lacoste a rendu hommage à son ambassadeur de longue date Novak Djokovic en revisitant son emblème iconique : le crocodile s’est transformé en GOAT (“Greatest of All Time”). Cette capsule en édition limitée a immédiatement déclenché une conversation mondiale, célébrant à la fois la carrière exceptionnelle du champion et huit années de collaboration étroite avec la maison.
Dévoilée en avant-première par Djokovic lui-même dans le nouveau flagship Lacoste de la Fifth Avenue à New York, la capsule se composait de cinq pièces exclusives : un polo, un T-shirt, une veste de survêtement, une casquette et un pantalon.
Comme l’a souligné Thierry Guibert, CEO de Lacoste, cette initiative illustre la capacité de la marque à réinventer ses codes sans jamais s’éloigner de l’héritage de René Lacoste :
« Transformer notre Crocodile en GOAT pour lui rendre hommage, et dévoiler la collection ici, là où René a bâti sa légende, était une évidence. Cette initiative reflète notre aptitude à revisiter nos codes tout en restant fidèles à l’héritage de René Lacoste. »
Le message a trouvé un écho particulièrement fort auprès du public : René Lacoste avait reçu son surnom de “Crocodile” et imaginé son polo emblématique sur le sol américain — un clin d’œil historique qui a renforcé la dimension émotionnelle de l’activation.
Cette opération a également généré une visibilité remarquable en ligne : les contenus du média Drip ont à eux seuls totalisé 1,29 M$ en MIV®. Une performance qui démontre comment Lacoste parvient, une fois encore, à transformer un moment sportif en une histoire de marque puissante, mêlant héritage, innovation et émotion.
La formule gagnante de Lacoste : héritage, culture et créativité
Le succès actuel de Lacoste repose sur une équation claire : un héritage fort, une présence culturelle assumée et une créativité continue. Trois piliers qui transforment l’histoire de la marque en une pertinence durable.
- Héritage : Lacoste puise dans son ADN tennis pour nourrir chacune de ses activations du défilé organisé sur les courts de Roland-Garros jusqu’à la capsule GOAT célébrant les performances historiques de Novak Djokovic. Cet ancrage sportif, revisité à travers un prisme moderne, rappelle la singularité du crocodile dans le paysage Mode, Luxe, Beauté.
- Culture : La marque s’appuie sur des ambassadeurs qui incarnent des perspectives et des communautés différentes. De Adèle Exarchopoulos et Wang Yibo dans Play With Icons, aux Voix mobilisées au premier rang de la Paris Fashion Week, Lacoste construit une résonance culturelle forte, nourrie par des talents capables d’élargir son influence sur plusieurs marchés.
- Créativité :Chaque campagne démontre la capacité de Lacoste à raconter une histoire visuelle cohérente, à travers des collaborations audacieuses, des partis pris stylistiques forts et une innovation produit constante. La marque réussit ainsi à préserver son identité tout en renouvelant continuellement son langage.
En combinant héritage, culture et créativité, Lacoste s’impose comme une référence en matière de stratégie de marque moderne, un exemple de la façon dont les labels patrimoniaux peuvent se réinventer sans perdre l’essence qui fait leur force.






